oxyjeanne

un jour, une ombre

 

Descente

  Descente

La volonté d’être en harmonie avec mes désirs, de retrouver mon identité propre, de surmonter mes angoisses, de libérer mes pensées, d’aller vers les autres, vers l’autre était devenue ma seule raison d’être et de me sentir exister. Je savais à présent que plus rien ne compterait davantage pour moi que de partir en quête de ces plaisirs enfouis au plus profond de moi. Et comme ils ne voulaient faire surface, il fallait aller les chercher, les réveiller, les écouter, les rassurer, les aimer là où ils étaient cachés.

Un bloc énorme, plus dur que le roc, plus froid que la glace me barrait déjà la route et me chuchotait à l’oreille de faire marche arrière.

Tout se brouillait dans ma tête. Le manque d’assurance, de confiance en moi, d’autonomie, le refus inconscient de me prendre en charge, de m’assumer et de surmonter mes faiblesses ou de me les avouer s’opposait violemment au désir de me sentir heureuse et courageuse.

Un sentiment de confusion, une incohérence totale me faisait fuir face aux autres, face à la société, à ses normes, face à moi-même.

J’ai fermé les yeux, bouché mes oreilles, replié mon corps et retenu mon souffle pour ne plus voir, entendre, sentir ou recevoir même si je savais déjà que je n’éviterais pas l’affrontement avec moi-même ; au contraire.

J’avais besoin de quelqu’un pour partager ses émotions puissantes qui m’ébranlaient, mais j’étais tellement fermée que personne ne voulait ou ne pouvait m’approcher. Comme une bête sauvage et primitive, j’étais terrorisée et toujours sur la défensive, prête à attaquer ou à fuir.

Je perdais tout repère d’identité, de ressemblance, d’appartenance.

J’avais peur du jour, de la nuit et du lendemain.

Recroquevillée, je m’approchais de la folie. Sans pouvoir résister, son appel était plus fort que ma peur.

Les défenses conscientes se sont assoupies, me laissant, pour seul interlocuteur, l’inconscient.

J’entrais dans les labyrinthes de la pensée humaine, à la recherche de moi-même, et j’étais perdue. J’ouvris une porte. Je passais de l’autre coté du miroir.

« L’oiseau ou l’insecte qui entre par erreur dans une chambre ne peut trouver la fenêtre, parce qu’il ne connaît pas le mot fenêtre.

Les fenêtres fonctionnent dans les deux sens. Les miroirs en un seul. »

Chaos de l’esprit, tel un tremblement de terre, tout ce pauvre intérieur portait les traces d’un douloureux bouleversement. Tout y était délabré, dépossédé et encombré. C’était un lieu sordide et irréel, malfamé et merveilleux ; aride comme le désert, brûlant comme le soleil et en même temps bouillonnant comme la larve.

Enfermée dans ce tourbillon, j’étais prisonnière de moi-même, sans autre issue que de traverser mon délire.

Je devais stopper, pour un instant, les interférences du monde extérieur, pour voir.

M’installer dans un état de conscience ou d’inconscience, au cours duquel la réalité de la vie quotidienne est modifiée, détournée de sa ronde ordinaire, cela parce que les interprétations continuelles, sont soudain interrompues par un ensemble de circonstances étrangères.

J’avais décidé d’entreprendre quelque chose d’important, et de m’y engager jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix à payer, je devais sortir de mon mal-être ; et pour en sortir, je devais avant tout y entrer.

Parfois, peu importe ce que nous faisons, mais nous devons le faire en sachant pourquoi, et ensuite accomplir ce que cela suppose sans jamais avoir le moindre doute ni remords.

Dans : Descente
Par oxyjeanne
Le 7 septembre, 2010
A 16:51
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